Archives pour la catégorie Nationale

L’état du Doubs ne s’est pas amélioré!

Article écrit pour le Bulletin Vert

Un an après la grande manifestation qui a eu lieu à Goumois en mai dernier, la mauvaise qualité des eaux du Doubs est loin de s’être améliorée. Si les autorités semblent avoir réagi de part et d’autre de la frontière en lançant de nombreuses études, les poissons continuent de mourir en masse par manque d’actions concrètes.

Pour rappel, un millier de manifestants, surtout des citoyens suisses et français, avaient clamé leur mécontentement le 14 mai 2011 suite à de nombreux épisodes qui avaient mis en lumière l’état déplorable dans lequel se trouve la rivière du Doubs. Quelques mois plus tard, le WWF, Pro Natura et la Fédération Suisse de Pêche avaient déposé une plainte contre la Suisse et la France auprès du Conseil de l’Europe. Les associations accusent les deux pays de laxisme dans la gestion de la rivière dans laquelle vit le Roi du Doubs, ce poisson symbolique qui est actuellement menacé de disparition.

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Un an après l’année des anniversaires : que reste-t-il ?

Texte présenté lors de la conférence de presse de la Marche Mondiale des Femmes en vue de la Journée internationale des femmes du 8 mars 2012.

Un an après l’année des anniversaires : que reste-t-il ?

L’année passée, la Suisse célébrait de nombreux anniversaires : 40 ans du droit de vote des femmes, 30 ans de l’article constitutionnel sur l’égalité, 20 ans de la grève des femmes et 15 ans de la loi sur l’égalité. Au mois de juin, les femmes et les hommes solidaires sont à nouveau descendus dans la rue pour revendiquer l’égalité dans les faits. Autre fait marquant, nous avions une majorité de femmes au Conseil fédéral. Mais en 2012, que reste-t-il de cette année importante pour l’égalité ?

Pour ainsi dire : rien ! Continuer la lecture de Un an après l’année des anniversaires : que reste-t-il ?

La politique des vieux mâles

En manque d’inspiration en remplissant mon profil smartvote, j’ai vaguement traduit le slogan de Katharina Meile (une jeune Verte candidate au Conseil national et au Conseil des Etats à Lucerne) que je trouvais original et plutôt bien trouvé: « Schluss mit Altherrenpolitik in Bern – den Generationenwechsel braucht’s jetzt » ou, selon ma version: « En finir avec la politique des vieux mâles ».

De nombreux commentaires négatifs ont suivi, tous venant de la gente masculine…

Et bien, Messieurs, ce n’était pas pour vous froisser que j’avais mis ce slogan, mais bien pour dénoncer une réalité qu’on ne peut plus ignorer.

En 2007, juste après le renouvellement du parlement :

  • l’âge moyen du Conseil national était de 51 ans, celui du Conseil des Etats de 55 ans.
  • 163 sièges sur 246 étaient occupés par des personnes ayant entre 47 et 61 ans (66%) alors que seulement 10 sièges étaient occupés par des personnes ayant moins de 31 ans (4%). Deux de ces jeunes parlementaires sont Verts.
  • 2 député-e-s (de gauche) sur 46 avaient moins de 50 ans aux Conseils des Etats (en cours de route, Raphael Comte les a rejoints).

Concernant la répartition hommes-femmes, les chiffres ne sont pas plus représentatifs de la population suisse :

  • En 2007, il y avait 57 femmes au Conseil national (28.5%) et 10 au Conseil des Etats (21.7%). Le pourcentage au National a atteint les 30% en cours de législature alors que celui des Etats est descendu à 17.4%.
  • A gauche, l’égalité est mieux respectée : 46% de femmes chez les Verts et 44% au Parti Socialiste. L’UDC n’a même pas 8% de femmes dans sa délégation.
  • A Neuchâtel, la délégation ne comprend que 29% de femmes.

Notre parlement est donc résolument masculin et âgé et nous livre par conséquent ce que j’avais nommé une politique « de vieux mâles ». Les mots, peut-être mal choisis, voulaient simplement refléter une situation bien réelle.

Je respecte énormément les politiciens expérimentés avec qui j’ai souvent beaucoup appris et qui savent aussi défendre les intérêts des jeunes et des femmes, mais je reste convaincue que notre parlement devrait mieux représenter la population. Il serait donc temps d’y faire une plus grande place aux femmes et aux jeunes !

Et en attendant, mon slogan est revenu au traditionnel « Les Verts, une longueur d’avance », parce que je sais que dans ce domaine, mon parti est précurseur. Les Verts neuchâtelois le prouvent d’ailleurs en proposant la seule liste représentative du canton.

Alors votez Verts, votez jeunes et votez femmes, pour un parlement plus représentatif !

Et si Neuchâtel regardait au-delà de ses frontières?

Au 21ème siècle, les frontières sont devenues abstraites et perméables ; les espaces économiques et sociaux se redessinent constamment et ne s’arrêtent plus aux limites cantonales ou nationales. Le territoire neuchâtelois n’échappe pas à cette dynamique. Alors qu’il est périphérique au niveau Suisse, il est central pour l’Arc transfrontalier jurassien. C’est ce rôle-clé qu’il devrait assumer plutôt que de se déchirer en d’inutiles luttes régionalistes. Celles-ci sont nombreuses: hautes écoles, hôpitaux, institutions diverses et mobilité. A chaque fois, le monde politique évoque “l’avenir du canton”. Mais ces guerres internes sont plutôt en train de priver Neuchâtel d’un futur qui pourrait être prometteur.

Le dossier de la mobilité, incarné principalement par le RER et les contournements routiers des villes du Haut, est particulièrement représentatif de ce manque de vision. Les Montagnes réclament des transports publics performants pour rejoindre le Plateau suisse ainsi qu’un désengorgement de leurs centres-villes traversés quotidiennement par des milliers de pendulaires. Si le projet initial de RER prévoit des connexions autant avec la France voisine qu’avec les cantons limitrophes, les débats ne portent pour ainsi dire que sur l’axe La Chaux-de-Fonds – Neuchâtel (TransRUN) qui n’est pourtant qu’une pierre (coûteuse, il est vrai) de l’édifice. La dimension transfrontalière de ce dossier a donc presque été abandonnée. Pire, ce sont les contournements routiers du Locle et de La Chaux-de-Fonds qui ont pris le relais. Un peu de transports publics pour les Chaux-de-Fonniers, un tunnel routier pour les Loclois, et surtout, pas de projets trop aboutis pour ne pas effrayer les habitants du Littoral: voilà la vision du Conseil d’Etat.

En parallèle, le canton réinvente sa fiscalité pour être attractif autant pour les entreprises que pour les personnes physiques. Si on reconnaît que la concurrence fiscale n’est pas souhaitable, on profite du système en attendant des décisions de Berne. Cette problématique n’est pas nouvelle. Après la crise horlogère, le canton a abusé des exonérations fiscales pour attirer de nouvelles entreprises. Le percement du tunnel autoroutier sous la Vue des Alpes a contribué à la reprise économique des Montagnes en permettant à la main d’œuvre d’accéder plus facilement aux entreprises du Haut. Mais il a engendré de nombreux problèmes comme la perte de population résidente dans les Montagnes et un trafic croissant. Aujourd’hui, les Neuchâtelois persistent sur la même voie.

Or, la stagnation démographique de La Chaux-de-Fonds ainsi que la continuelle perte d’habitants du Locle ne devraient pas être oubliées. Le territoire des Montagnes se transforme lentement en zone industrielle vidée de ses habitants, de ses services et de sa qualité de vie et les solutions proposées actuellement ne feront qu’accélérer ce processus. Le canton, en évoquant l‘efficience, centralise de plus en plus de services dans le Bas. Pourtant, il ne faut pas oublier que le Littoral est très bien connecté à plusieurs autres villes d’importance. Ainsi, une trop grande concentration des services en ville de Neuchâtel crée une certaine concurrence avec les autres centres urbains du Plateau.

Les Verts neuchâtelois prônent la cohésion cantonale, mais soulèvent également une réflexion plus large. Selon eux, le canton doit devenir une interface, et pas un carrefour, entre la Suisse et la France, entre Berne et l’Arc lémanique. Il faut créer une région forte et solidaire qui assume, d’une part, un rôle moteur pour l’Arc jurassien et, d’autre part, un lien avec le réseau des villes du Plateau suisse. Ceci permettra la restructuration du canton de manière égalitaire. Pour voir ce projet aboutir, les Verts souhaitent pousser Berne à poursuivre une réflexion sur la redéfinition des régions au niveau national et international.

Clarence Chollet et Fabien Fivaz

Un salaire minimum pour un niveau de vie décent

Les Jeunes Vert-e-s Neuchâtel félicitent le Grand Conseil d’avoir pris la décision hier, mardi 28 juin, d’introduire dans la Constitution neuchâteloise le principe de salaire minimum pour toutes et tous. Ils rappellent que de nombreuses personnes travaillant à temps plein doivent toucher des aides supplémentaires car certains salaires ne permettent pas un niveau de vie acceptable, et ceci malgré les conventions collectives de travail déjà en place.

Contrairement à ce que les Jeunes Libéraux-Radicaux neuchâtelois (JLRN) prétendent dans leur prise de position en ligne, l’introduction d’un salaire minimum dans le canton de Neuchâtel ne mènera pas « à la paupérisation rapide et dramatique des travailleurs ». Au contraire, elle permettra d’éviter les nombreux cas de « travailleurs pauvres ». Ces derniers sont des personnes travaillant à temps complet et ne pouvant pas joindre les deux bouts, faute de salaire suffisant. Dans le canton de Neuchâtel, on estime qu’ils représentent environ 10% des personnes touchant l’aide sociale, soit environ un millier de personnes (400’000 au niveau suisse). Les femmes sont particulièrement nombreuses dans ce cas.

Les conventions collectives de travail (CCT), bien que très importantes, ne sont pas toujours aptes à garantir un salaire décent à tous les travailleurs. Preuve en est : selon les chiffres publiés hier par l’OFS, les salaires minimaux pour 2011 négociés en leur sein ont diminué par rapport à 2010 en tenant compte de l’inflation. L’introduction d’un salaire minimum de base ne fera que s’ajouter aux négociations des CCT en fixant un montant minimum automatiquement indexé. Les salaires par branche pourront toujours être discutés entre les acteurs concernés.

La décision du Grand Conseil s’inscrit dans un contexte national en mouvement. L’initiative sur les salaires minimums a été lancée en début d’année et la récolte va bon train. Quant à nos voisins vaudois, ils viennent de refuser à une très courte majorité (51%) d’inscrire ce principe dans leur Constitution suite à une initiative populaire cantonale. Toutes ces initiatives prouvent bien le réel besoin d’action forte dans ce domaine.

Il faut rappeler que 21 pays de l’Union Européenne ainsi que de nombreux autres pays à travers le monde, dont les Etats-Unis, possèdent déjà des salaires minimums sans que les conséquences y soient catastrophiques pour la classe moyenne et pour le taux de chômage. Les avantages d’un salaire minimum sont au contraire nombreux, ils permettent notamment de garantir un niveau de vie décent à toutes et tous, de gonfler le pouvoir d’achat d’une partie de la population, d’éviter le dumping salarial (argument important dans un canton frontalier comme Neuchâtel) et de fixer une base pour les négociations des CCT. En outre, de nombreuses études, nous provenant en majeure partie des Etats-Unis, ont prouvé que les conséquences du salaire minimum sur le chômage et sur les moyens salaires que dénoncent les JLRN ne sont pas avérées.

Les Jeunes Vert-e-s Neuchâtel se réjouissent donc de la décision du Grand Conseil et sont confiants que la population saura distinguer les vrais arguments des arguments démagogues avancés par les JLRN et les autres partis bourgeois.

Si vous voulez agir dès maintenant, les JVNE vous recommandent de signer l’initiative populaire fédérale sur les salaires minimums!