Archives pour la catégorie Opinion

Tête de linotte

Réponse à la lettre « anonyme » de Gil Stauffer publiée sur son site internet et à Bernard Matthey qui a diffusé ce texte généreusement.

Madame/Monsieur-qui-n’a-pas-la-dignité-de-signer-ses-propos,

Je vous remercie tout d’abord d’avoir daigné me consacrer une lettre d’injure, même si vous avez oublié de m’en adresser un exemplaire en même temps que vu l’avez publié sur votre site internet digne d’un grand intérêt!

Comme je n’ai jamais reçu cette lettre, peut-être est-ce inutile d’y répondre?

Mais vu sa teneur « de la plus haute importance », je me laisse quand même tenter…

Vous avez raison, je suis acquise au fait que nous devons amorcer le tournant énergétique maintenant, que ce dernier se réalisera avec un mix énergétique varié, dont les éoliennes font partie, et je m’engage tous les jours dans ce sens. Peut-être est-ce parce que j’ai encore l’espoir de vivre assez longtemps pour craindre les effets catastrophiques que notre consommation et production énergétiques impliquent. Ce qui n’est apparemment pas votre cas…

Vous avez raison, je suis une vraie tête de linotte: j’oublie souvent mes clés, perds mon porte-monnaie, oublie mes rendez-vous, mais quel est le rapport avec mon soutien au contre-projet du Grand Conseil à l’initiative « Avenir des crêtes »? Si vous voulez parler d’une quelconque ressemblance avec une linotte, ce joli oiseau que l’on trouve dans nos contrées, m’en voilà flattée, car il a bel allure!

Vous avez raison, je suis prête à partir en croisade pour la cause des éoliennes, mais pas pour couvrir les crêtes jurassiennes de milles éoliennes, plutôt pour soutenir le contre-projet du Grand Conseil qui prévoit 59 éoliennes au maximum sur le territoire neuchâtelois.

Vous avez raison, j’ai peur! Peur de voir le tournant énergétique, pourtant si nécessaire, sombrer à cause de l’égoïsme et de la logique NYMB de certains citoyens. Je n’ai pas peur du nucléaire (devrais-je?), je suis seulement persuadée que, tout comme les énergies fossiles, il est temps d’y mettre fin et de développer un modèle énergétique durable.

Vous avez raison, votre lettre ne sert à rien si elle veut me faire entendre que 59 éoliennes dévasteront nos crêtes. Le paysage, vous devriez le savoir, n’est pas synonyme du terme « espace vierge ». Le paysage est une construction sociale et dont la perception varie entre chaque personne. En Suisse, il n’existe pratiquement plus de « paysages naturels » (surtout dans notre région), ceux-là même que vous prétendez défendre. Il n’existe plus que des paysages façonnés par l’homme et en constante évolution. Qui aujourd’hui affirmerait qu’un moulin à vent est une verrue paysagère? Et pourtant, à l’époque, ils constituaient une importante marque sur le paysage… Je pense que les noires joux devaient être d’une beauté somptueuse, mais j’aime aussi les pâturages boisés que nous en avons fait et j’aime nos crêtes sillonnées de téléskis, de chemins de randonnées, de routes, de lignes à haute tension, de « châlets », de fermes isolées…

Vous avez raison, vous ne me ferez pas changer d’avis avec vos propos injurieux, irrespectueux et inutiles…ni d’ailleurs les milliers de personnes qui, comme moi, attendent de voir enfin fleurir les énergies du futur là où elles seront le plus efficace: les panneaux solaires sur les toits ensoleillés, la géothermie où le sous-sol peut nous transmettre sa chaleur, les centrales hydroélectriques où les atteintes aux cours d’eau sont raisonnées et les éoliennes où le vent souffle et où leur implantation est acceptable pour la population et la biodiversité!

Mais vous avez tort, je ne suis ni sectaire, ni évangéliste, ni adepte des drogues, je suis simplement réaliste et je refuse de priver les générations futures d’un semblant d’avenir pour le plaisir de quelques égoïstes aux yeux bien sensibles.

Bien à vous,
Clarence Chollet

L’état du Doubs ne s’est pas amélioré!

Article écrit pour le Bulletin Vert

Un an après la grande manifestation qui a eu lieu à Goumois en mai dernier, la mauvaise qualité des eaux du Doubs est loin de s’être améliorée. Si les autorités semblent avoir réagi de part et d’autre de la frontière en lançant de nombreuses études, les poissons continuent de mourir en masse par manque d’actions concrètes.

Pour rappel, un millier de manifestants, surtout des citoyens suisses et français, avaient clamé leur mécontentement le 14 mai 2011 suite à de nombreux épisodes qui avaient mis en lumière l’état déplorable dans lequel se trouve la rivière du Doubs. Quelques mois plus tard, le WWF, Pro Natura et la Fédération Suisse de Pêche avaient déposé une plainte contre la Suisse et la France auprès du Conseil de l’Europe. Les associations accusent les deux pays de laxisme dans la gestion de la rivière dans laquelle vit le Roi du Doubs, ce poisson symbolique qui est actuellement menacé de disparition.

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Un an après l’année des anniversaires : que reste-t-il ?

Texte présenté lors de la conférence de presse de la Marche Mondiale des Femmes en vue de la Journée internationale des femmes du 8 mars 2012.

Un an après l’année des anniversaires : que reste-t-il ?

L’année passée, la Suisse célébrait de nombreux anniversaires : 40 ans du droit de vote des femmes, 30 ans de l’article constitutionnel sur l’égalité, 20 ans de la grève des femmes et 15 ans de la loi sur l’égalité. Au mois de juin, les femmes et les hommes solidaires sont à nouveau descendus dans la rue pour revendiquer l’égalité dans les faits. Autre fait marquant, nous avions une majorité de femmes au Conseil fédéral. Mais en 2012, que reste-t-il de cette année importante pour l’égalité ?

Pour ainsi dire : rien ! Continuer la lecture de Un an après l’année des anniversaires : que reste-t-il ?

La politique des vieux mâles

En manque d’inspiration en remplissant mon profil smartvote, j’ai vaguement traduit le slogan de Katharina Meile (une jeune Verte candidate au Conseil national et au Conseil des Etats à Lucerne) que je trouvais original et plutôt bien trouvé: « Schluss mit Altherrenpolitik in Bern – den Generationenwechsel braucht’s jetzt » ou, selon ma version: « En finir avec la politique des vieux mâles ».

De nombreux commentaires négatifs ont suivi, tous venant de la gente masculine…

Et bien, Messieurs, ce n’était pas pour vous froisser que j’avais mis ce slogan, mais bien pour dénoncer une réalité qu’on ne peut plus ignorer.

En 2007, juste après le renouvellement du parlement :

  • l’âge moyen du Conseil national était de 51 ans, celui du Conseil des Etats de 55 ans.
  • 163 sièges sur 246 étaient occupés par des personnes ayant entre 47 et 61 ans (66%) alors que seulement 10 sièges étaient occupés par des personnes ayant moins de 31 ans (4%). Deux de ces jeunes parlementaires sont Verts.
  • 2 député-e-s (de gauche) sur 46 avaient moins de 50 ans aux Conseils des Etats (en cours de route, Raphael Comte les a rejoints).

Concernant la répartition hommes-femmes, les chiffres ne sont pas plus représentatifs de la population suisse :

  • En 2007, il y avait 57 femmes au Conseil national (28.5%) et 10 au Conseil des Etats (21.7%). Le pourcentage au National a atteint les 30% en cours de législature alors que celui des Etats est descendu à 17.4%.
  • A gauche, l’égalité est mieux respectée : 46% de femmes chez les Verts et 44% au Parti Socialiste. L’UDC n’a même pas 8% de femmes dans sa délégation.
  • A Neuchâtel, la délégation ne comprend que 29% de femmes.

Notre parlement est donc résolument masculin et âgé et nous livre par conséquent ce que j’avais nommé une politique « de vieux mâles ». Les mots, peut-être mal choisis, voulaient simplement refléter une situation bien réelle.

Je respecte énormément les politiciens expérimentés avec qui j’ai souvent beaucoup appris et qui savent aussi défendre les intérêts des jeunes et des femmes, mais je reste convaincue que notre parlement devrait mieux représenter la population. Il serait donc temps d’y faire une plus grande place aux femmes et aux jeunes !

Et en attendant, mon slogan est revenu au traditionnel « Les Verts, une longueur d’avance », parce que je sais que dans ce domaine, mon parti est précurseur. Les Verts neuchâtelois le prouvent d’ailleurs en proposant la seule liste représentative du canton.

Alors votez Verts, votez jeunes et votez femmes, pour un parlement plus représentatif !

Pour un retour des concerts au King du Lac

C’est avec un grand mécontentement que les Jeunes Vert-e-s Neuchâtel ont appris qu’une association de quartier a obtenu l’arrêt des concerts du King du Lac. Ils estiment que la vie en centre-ville comporte certaines spécificités auxquelles les riverains sont contraints de s’accommoder et qu’il n’est pas normal de priver toute une population de divertissements pour le simple confort de quelques opposants.

Vivre au centre ville est une chance considérable : proximité des commerces, des services, des infrastructures de transports publics, des lieux de vie… Mais tout ceci implique aussi quelques désavantages,  à commencer par le bruit engendré par les noctambules qui fréquentent ces quartiers animés. Nul ne l’ignore lorsqu’il s’installe en plein centre d’une cité comme Neuchâtel, lieu de distraction pour tout un bassin de population. Pourquoi, dès lors, se plaindre dès le moindre dépassement de décibels et, pire, priver de plaisir des centaines de personnes pour son simple confort personnel ?

Les Jeunes Vert-e-s estiment que tou-te citoyen-ne a le droit à une qualité de vie correcte et que les conciliations entre associations de quartier et utilisateurs de l’espace public sont extrêmement importantes. Pourtant, il est utile que chacun fasse des concessions afin de garantir les intérêts communs. Dans le cas cité, le King du Lac a consenti à certaines modifications de son installation et de son horaire afin de garantir de meilleures conditions au voisinage. Dès lors, il est maintenant temps que les riverains acceptent les petits désagréments de la vie en centre-ville et qu’ils renoncent à priver toute une population de concerts de qualité. Il en va de la sauvegarde de la vie nocturne de la ville de Neuchâtel et de son attractivité pour la population jeune, ou moins jeune, en recherche d’animations culturelles.

Ces valeurs sont défendues par les Jeunes Vert-e-s et les Verts qui espèrent que les riverains accepteront de renégocier avec les organisateurs des concerts au King du Lac afin de trouver une solution à l’amiable.