Un an après l’année des anniversaires : que reste-t-il ?

Texte présenté lors de la conférence de presse de la Marche Mondiale des Femmes en vue de la Journée internationale des femmes du 8 mars 2012.

Un an après l’année des anniversaires : que reste-t-il ?

L’année passée, la Suisse célébrait de nombreux anniversaires : 40 ans du droit de vote des femmes, 30 ans de l’article constitutionnel sur l’égalité, 20 ans de la grève des femmes et 15 ans de la loi sur l’égalité. Au mois de juin, les femmes et les hommes solidaires sont à nouveau descendus dans la rue pour revendiquer l’égalité dans les faits. Autre fait marquant, nous avions une majorité de femmes au Conseil fédéral. Mais en 2012, que reste-t-il de cette année importante pour l’égalité ?

Pour ainsi dire : rien !

L’initiative populaire contre le remboursement de l’avortement a abouti et le peuple suisse devra se prononcer sur cet objet hautement provocateur. La majorité féminine au Conseil fédéral a été perdue, comme cela était prévisible, et le nombre de femmes au parlement a reculé après les élections d’octobre. Pire, la crise que nous traversons renforce les inégalités entre les hommes et les femmes en touchant particulièrement ces dernières.

C’est au moment où l’on croit que tout est acquis qu’il faut être le plus vigilant. L’égalité entre les hommes et les femmes n’est pas encore une réalité et est loin de l’être.

Mon expérience personnelle me l’a bien démontré ! Lors des entretiens que j’ai passé à la fin de mes études, on m’a pratiquement systématiquement demandé si je comptais avoir des enfants dans les prochaines années. Lorsque j’ai annoncé ma grossesse, nombre de personnes m’ont demandé si je comptais continuer à travailler…alors que personne n’a demandé cela à mon compagnon. Pire, lorsque ce dernier a demandé à son employeur de diminuer son temps de travail pour pouvoir s’impliquer dans sa futur vie familiale, on l’a regardé comme un extra-terrestre. Alors que de mon côté, les gens étaient rassurés lorsque je leur disais que je continuerais à travailler après la naissance, mais à temps partiel.

En marge de cela, le choix des affaires de notre futur bébé, dont nous ne voulons pas connaître le sexe, s’avère être un casse-tête. Tout est rose ou bleu, avec des fées ou des voitures, et ceci déjà pour les nourrissons. Les jouets pour les plus grands ne sont pas mieux : les magasins sont divisés en « rayon filles » (poupées, cuisinières miniatures, etc.) et « rayon garçons » (jeux de construction, voitures, etc.). La société formate les sexes dès la naissance, qu’on ne vienne ensuite pas nous parler de prédispositions génétiques!

Mais tout n’est pas noir et les victoires d’étape existent. Dans ma vie privée, l’acceptation de la diminution du temps de travail de mon compagnon a montré que les mentalités évoluent, dans le monde économique également.

La lutte pour l’égalité entre les sexes continue. Les Verts s’engagent au quotidien pour améliorer la situation actuelle. Que ce soit à l’interne ou dans la politique qu’ils défendent, ils estiment que les femmes doivent avoir les mêmes droits, mais aussi et surtout les mêmes opportunités que les hommes. Il est temps d’abolir les clichés et de réaliser une société réellement égalitaire, ou chacun choisit son rôle sans qu’il lui soit dicté par la société ou par le monde économique !

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