Le RER neuchâtelois, une nécessité écologique, sociale et économique!

Article rédigé pour le Bulletin Vert

Le 23 septembre, le peuple neuchâtelois se prononcera sur la création d’un réseau express régional nommé « RER neuchâtelois » dont la colonne vertébrale sera le TransRUN, cette ligne directe reliant la Chaux-de-Fonds et Neuchâtel par un tunnel ferroviaire. Les Verts neuchâtelois sont en campagne pour « la votation du siècle », l’avenir du canton dépendant de ce résultat.

L’idée de supprimer le rebroussement de Chambrelien et de relier le Littoral et les Montagnes neuchâteloises de manière directe n’est pas nouvelle, mais c’est grâce aux efforts  d’un groupe  de citoyens qu’elle s’est finalement imposée dans l’agenda du Grand Conseil qui a voté un premier crédit d’étude en 2003. Le concept de RER neuchâtelois s’est petit à petit développé à partir de ce moment. Au départ, les réflexions se focalisaient uniquement sur la liaison la Chaux-de-Fonds – Neuchâtel, puis, rapidement, l’opportunité de revoir l’ensemble du réseau ferroviaire du canton s’est imposée.

Si les choses se sont accélérées, c’est surtout grâce à des opportunités exceptionnelles de financement qui étaient tout à coup disponibles. Pour commencer, la ligne existante entre la Chaux-de-Fonds et Neuchâtel nécessite des travaux d’assainissement qui doivent être réalisés par les CFF. Ensuite, la politique d’agglomération de la Confédération et son fond d’infrastructure peuvent servir à financer des projets de transports au sein d’agglomérations. La dernière opportunité qui avait été envisagée était Rail 2000, mais cette dernière n’a pas abouti.

Suite aux réflexions préliminaires, le Conseil d’Etat a soumis en 2007 son fameux rapport « Un canton, une vision » qui présente la nouvelle politique régionale à travers le Réseau Urbain Neuchâtelois (le projet d’agglomération RUN) et le TransRUN. Afin d’aspirer à toucher des fonds de la Confédération, le canton de Neuchâtel propose un projet d’agglomération visionnaire qui consiste à créer une agglomération regroupant les trois villes du canton qui sont éloignées de 20 kilomètres et séparées par des montagnes. La réflexion est simple : les deux agglomérations du canton sont de taille moyenne, mais en les regroupant, l’agglomération neuchâteloise rejoindra le groupe convoité des agglomérations de plus de 100’000 habitants, ce qui lui permettra de créer un véritable centre urbain pour l’Arc jurassien.

Sous le créneau « ensemble, nous sommes plus forts », le canton de Neuchâtel se lance donc dans l’aventure RUN qui, bien que prometteuse, constitue le défi majeur de réunir le « Haut » et le « Bas », deux régions historiquement en compétition. Pour que cette agglomération puisse voir le jour, il faut rapprocher les trois villes et comme ce n’est pas possible géographiquement, il faut les rapprocher temporellement grâce au TransRUN. Cependant, le RUN ne se borne pas à l’agglomération des trois villes, il vise également une stratégie de développement pour les zones hors agglomération, notamment à travers des projets de transports. Ainsi, toutes ces mesures constituent le RER neuchâtelois qui, selon les Verts, est essentiel au développement du canton.

Essentiel écologiquement parlant, car la concurrence de la route face au rail est disproportionnée. Les tunnels sous la Vue-des-Alpes construits dans les années nonante ont fortement réduit le temps de parcours en voiture alors que le trajet en train via la ligne ferroviaire datant de 1860 est deux fois plus long. Pour pouvoir prétendre à un report massif de la route au rail, il est essentiel de réduire fortement ce temps de parcours. Le TransRUN propose un trajet entre la Chaux-de-Fonds et Neuchâtel de 14 minutes et ceci à une cadence au quart d’heure. De plus, le tracé proposé permettra de résoudre le problème du goulet d’étranglement de Vauseyon où le triplement de la voie est actuellement nécessaire pour pouvoir doubler les cadences sur la ligne du pied du Jura ainsi que sur les lignes régionales du Littoral Ouest et du Val-de-Travers.

Mais le RER neuchâtelois est également essentiel économiquement parlant, car il est maintenant reconnu qu’une bonne accessibilité en transports publics est un critère déterminant pour qu’une zone économique soit attractive. De plus, une fois désenclavé, le canton se rendra attractif pour de nouveaux habitants, notamment des jeunes qui boudent actuellement la région en raison de sa mauvaise desserte.

Et finalement, le RER est essentiel socialement parlant, pour rapprocher le « Haut » du « Bas », pour cesser les interminables querelles autour des hôpitaux, des Hautes écoles et de tous les autres services de l’Etat qui sont en cours de réorganisation. Avec des temps de parcours et des cadences améliorées, les trois villes du canton pourront former une véritable agglomération unie et bien connectée avec le reste du canton et surtout, le reste de la Suisse !

LE RER neuchâtelois en chiffres

Le RER neuchâtelois coûtera 919 millions. Cette somme permettra de financer :

–       le TransRUN, dont le coût est estimé à 830 millions

–       le doublement de voie à Bôle pour permettra de doubler les cadences en direction du Val-de-Travers

–       Le doublement de voie au Crêt-du-Locle pour augmenter la capacité entre la Chaux-de-Fonds et le Locle

–       la réorganisation des transports publics, notamment le réseau de bus du Val-de-Ruz

–       la mise hors service de la ligne existante

Son financement est assuré à près de 40% par des sources externes grâce aux 241 millions fournis par les CFF en compensation aux travaux qu’ils devaient effectuer sur la ligne actuelle et aux 111 millions promis par la Confédération à travers le fond d’infrastructure. Ces montants ne pourront être obtenus qu’avec une acceptation du projet par le peuple en 2012. Pour le reste, 8 millions seront obtenus grâce aux valorisations foncières et le solde, 559 millions, sera à la charge du canton (60%) et des communes (40%).

Un fond spécifique sera créé pour financer ce projet. Il sera alimenté durant la phase de réalisation des infrastructures (2013-2022) à hauteur de 20 millions de francs par an. Puis, dès la mise en exploitation et jusqu’au remboursement complet de la dette sur 25 ans, la charge annuelle moyenne sera de 32 millions de francs, soit environ 1% des dépenses publiques du canton de Neuchâtel.

Afin de ne pas faire sombrer le canton dans les chiffres rouges, le Grand Conseil a décidé de coupler ce projet avec une obligation de parvenir à l’équilibre budgétaire jusqu’à que la dette soit totalement remboursée 25 ans après la mise ne service.

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